Chroniques

Interview d’Olivier Larue

Avant de vous proposer la chronique de ce roman époustouflant, découvrez l’interview de son auteur.

Depuis quand écrivez-vous ?

Tout dépend de ce que l’on entend par « écrire ». Je pourrais dater mes débuts à mon premier
roman, entamé à vingt ans. Mais je pourrais aussi remonter à mon premier recueil poétique ; dans ce cas-
là, j’ai commencé d’écrire à quatorze ans. Ou bien, je pourrais parler du principe même de l’écriture
créative, celle qui s’exclut de la nécessité, de l’exercice, de la commande, qui ne s’exprime que pour dire.
Dans ce cas, je crois que j’ai toujours écrit. Mais c’est à onze ans, que j’ai pris la plume pour le plaisir de
raconter quelque chose que personne ne m’avait demandé de raconter. Quelque part, c’est à onze ans, en
choisissant d’écrire un poème pour le simple plaisir de gratter du papier que je suis devenu écrivain.

Pourquoi avoir choisi ce style littéraire ?

Vous me voyez venir ? Lequel ? Si par style vous entendez « genre », je suis venu à la fantasy
tardivement. Je suis professeur de français, j’ai une formation littéraire et un cursus centré autour de
l’écriture créative… Autant dire qu’avec le conservatisme ambiant des recherches universitaires, je ne
suis pas arrivé tout de suite à la fantasy. J’ai écrit plusieurs ouvrages avant de me lancer dans ce genre. Et
j’y suis curieusement arrivé le jour où j’ai décidé d’arrêter d’écrire. J’ai quitté la littérature blanche,
savante (vous pouvez remplacer ces adjectifs par n’importe quel autre adjectif très prétentieux), parce que
j’en avais marre de l’ironie obligatoire, du rire grinçant et du second degré, bref, j’en avais marre du
snobisme et du mépris. J’ai décidé d’écrire pour moi, non pour séduire d’éventuels éditeurs. Comme par
ailleurs, j’étais rôliste et que je n’avais jamais lu un roman de fantasy qui me convienne sur le pur plan du
style, j’ai décidé d’écrire la saga que j’aimerais lire, de vivre la fascinante démarche de démiurge d’un
Tolkien. Si par « style littéraire », en revanche, vous entendez vraiment « façon d’écrire », alors je peux
vous dire que je n’ai pas choisi. Je ne suis pas né romancier, je suis né poète, c’est encore ainsi que je
considère ma pratique aujourd’hui, et ça, comme ma calvitie, je ne l’ai pas choisi.

Quels sont les auteurs, les livres qui vous inspirent ?

J’ai une formation très classique, les auteurs qui me font vraiment vibrer sont surtout des poètes et
des dramaturges. Je peux lire Racine et Corneille en boucle. Je suis un inconditionnel de Baudelaire, sur
lequel, j’ai beaucoup travaillé, de Queneau, dont l’approche ludique me fascine, de Boileau, parce qu’il a
un côté canaille qui m’amuse. En règle générale, l’alexandrin m’envoûte systématiquement, dès lors qu’il
est bien fait. Concernant les auteurs plus contemporains (et romanciers), je suis un grand admirateur de
Pierre Michon, et j’aime beaucoup aussi les courts romans de Pascal Quignard et d’Éric Faye. Vous
voyez, au fond, je suis encore très englué dans la culture universitaire !

Au contraire, quel est le livre qui vous tombe des mains ?

Tout ce qui se contente de raconter une histoire. Je ne vois pas l’intérêt de proposer un roman qu’on
peut transposer tel quel à l’écran. Un roman, selon moi, n’est pas un scénario. C’est pourtant presque
toujours ainsi que les lecteurs l’abordent. Un roman, c’est avant tout un travail sur la langue qui est la
spécificité de la littérature. Une très belle histoire qui n’exploite pas les ressources propres à la littérature m’ennuie. Je préfère en voir le film. De fait, j’ai beaucoup de mal avec la fantasy, on m’a fait essayer
plein de choses qui sont censés être des classiques et je ne parviens pas à rentrer dedans. Il n’y en a qu’un
pour moi qui réussit à briller par le style tout en exploitant un genre somme toute populaire, c’est
Jaworski. Là, je n’ai rien à redire.

Que vous apportent la lecture et l’écriture ?

Pour un auteur, je lis très peu. Trop peu. Mais il y a une chose qu’un roman produit toujours chez
moi : l’envie d’écrire. Ceci expliquant sans doute cela. Quand on écrit, on n’a guère le temps de lire. En
dehors des ouvrages que je parcours dans le cadre de mes recherches, j’ai trop peu de temps pour lire.
L’écriture quant à elle m’apporte beaucoup de frustration et de souffrance. C’est un véritable
accouchement. Mais je suis toujours très heureux une fois que l’œuvre est achevée. Non pas parce que je
suis satisfait de ce que j’ai produit, mais parce que je suis allé au bout sans brader mes exigences, et parce
que je suis père de quelque chose qui n’existait pas avant que je le fasse exister.

Pouvez-vous nous parler de votre roman ?

O.L : J’ai fait plusieurs vidéos sur l’univers d’Ombre Âge, sur YouTube. Elles détaillent, bien mieux que
ce que je pourrais dire ici, ce qu’il faut savoir de la saga. Faisons simple : Ombre Âge, c’est le voyage de
plusieurs personnages dans un monde qui sombre dans le chaos. C’est la fresque de tentatives désespérées
qui ne peuvent que mal se terminer. C’est l’aventure de l’Impatient qui doit remplir une mission dont on
sait très bien qu’elle est irréalisable. C’est l’épopée d’Adrian qui tente d’aider son Duché à survivre face à
l’invasion des Noyés. C’est la triste histoire d’Arsace qui se retrouve à prendre la place du Duc qu’il
conseillait et qui se sent bien mal à l’aise au milieu de toutes les intrigues qui se trament autour de lui.

Avez-vous, en dehors de l’univers littéraire, d’autres passions ?

Trop ! J’ai était ténor au chœur régional de Provence. J’ai un deuxième dan de kendo. J’aime
beaucoup le théâtre que je regrette de ne plus pouvoir pratiquer. Mais surtout, je suis rôliste compulsif !
J’ai une collection assez garnie de Jeux de Rôle, et je joue à peu près toutes les semaines depuis mes
quatorze ans. Chaque été, avec un petit groupe de vieux copains, nous nous enfermons pour jouer pendant
une semaine complète, et nous ne faisons que ça.

Quels sont vos rituels d’écriture ?

Très honnêtement, je ne crois pas en avoir. C’est simplement mon travail. Mais j’imagine que ça
marche mieux avec un café !

Imaginez que l’un de vos romans soit adapté au cinéma, qui verriez-vous dans le rôle principal ?

Si l’on considère que l’Impatient est le personnage principal (ce qui dans ma tête n’est pas tout à
fait exact), je préférerais un talentueux inconnu. J’aurais peur qu’une star de l’écran apporte trop d’elle-
même et face disparaître le personnage sous l’acteur.

Avez-vous des salons du livre ou dédicaces prévues ?

Cela risque de beaucoup bouger dans les semaines et les mois à venir, mais pour l’instant je ne
peux encore rien vous communiquer.

Quels sont vos projets ?

D’abord poursuivre et achever la saga. Mais il y a un projet de B.D qui va démarrer en octobre et,
dans un futur plus lointain, nous réfléchissons avec l’éditeur pour lequel je travaille à la parution d’un Jeu
de Rôle dans l’univers d’Ombre Âge.

Où les lecteurs peuvent-ils suivre vos actualités ?

Sur Facebook, Instagram et Twitter. Plusieurs vidéos sortent également sur YouTube chaque
semaine. Cela s’appelle : Un an dans la peau d’un auteur. Je possède également un Tipeee avec une
petite communauté bien active grâce à laquelle, je peux déjà me consacrer presque exclusivement à
l’écriture.

Un petit mot pour vos lecteurs ?

Soyez exigeants avec ce que l’on vous propose, car on vous prend de votre temps. Merci mille fois
pour celui que vous avez pris à me lire. Je ne peux exister en tant qu’auteur sans lecteurs, et je suis très
heureux de l’accueil qu’a reçu Ombre Âge jusqu’à présent.

Si vous étiez un animal ce serait…

Un chien, pour l’enthousiasme et la loyauté.

Si vous étiez un objet ce serait…

Ce n’est pas original, mais un stylo, sans hésiter. On peut tout faire avec un stylo. Raconter des
histoires, aimer, faire rire, faire pleurer, faire souffrir et se faire pardonner.

Si vous étiez un personnage historique…

Christophe Colomb. Et en rentrant chez moi, je dirais : « Non, désolé les gars, je me suis planté, en
fait. Il n’y a rien là-bas… »

Si vous étiez une chanson…

Le grand galop d’Orphée aux Enfers, pour remotiver n’importe qui.

Si vous étiez un film ce serait…

Star wars ! Comme tout le monde !

Si vous étiez un livre ce serait…

Les Fleurs bleues, de Raymond Queneau.

Votre dernier livre lu…

1984, Orwell.

Suivre Olivier,découvrir son univers et apprendre à le connaître:

https://fr.tipeee.com/ombreage

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