Chroniques

Interview de Laurent Grima

Depuis quand écrivez-vous?

En fait, j’écris depuis (presque) tout le temps ! J’ai passé une grande partie de mon enfance à lire, l’une de mes distractions favorites. Il m’a fallu simplement prendre le temps d’apprendre à écrire ! Très vite, à l’adolescence, j’ai été le roi des débuts d’histoires « géniales »… qui dépassaient rarement les vingt pages ! Puis je me suis spécialisé dans l’écriture de scénarios car ma première « vocation » était d’être auteur-réalisateur. J’ai d’ailleurs participé à plusieurs courts-métrages, et (Re)vivre, mon premier roman est l’adaptation d’un de mes scénarios. Récemment enfin, mon ami d’enfance m’a rappelé qu’au lycée, écrire était mon moyen de sécher les cours. Je m’asseyais au fond de la classe et lorsque le cours ne m’intéressait pas, j’en profitais pour griffonner des histoires ou des dialogues !

Pourquoi avoir choisi ce style?

Parce que c’est le mien, tout simplement. Et parce qu’il correspond aussi à ce que j’aime lire. Je ne saurai pas écrire une pure comédie ou un pur drame. Car la vie, c’est un cocktail au savant mélange où il n’y a pas que du drame ou de la rigolade. J’essaye d’écrire la vie, telle qu’elle est ! En essayant peut-être seulement de magnifier les bonheurs et les malheurs de l’existence !

Quels sont les auteurs, les livres qui vous donne de l’inspiration ?

Mon premier gros coup de cœur littéraire a été « Dieu est un pote à moi » de Cyril Massarotto. Je me sens proche aussi de certains auteurs plus récents comme Julien Sandrel. Mais j’ai des goûts très éclectiques. Je peux passer de la lecture d’un Goncourt à une œuvre plus légère. Tous les livres, toutes les histoires sont capables de me nourrir !

Pouvez vous nous parler de vos romans?

(Re)vivre, mon premier roman a une très belle histoire. Comme je le disais, c’était dans un premier temps le scénario d’un long-métrage pour lequel j’avais cédé mes droits à une boite de production. Le film n’a pas été si loin de se faire, un réalisateur de renom a même proposé de se porter caution technique pour que je puisse le réaliser ! Mais de nombreux obstacles s’opposent souvent à ce type de projet, pas vraiment commercial. Il s’agit de la reconstruction d’un homme qui va apprendre à réinterroger sa vie après un drame de la route. Après une tentative de le développer sous la forme d’une pièce de théâtre, j’ai rangé cette histoire au rayon des beaux souvenirs. Quelques années plus tard, je me laisse séduire par un concours de nouvelles alors que je ne pensais pas encore à devenir auteur de romans. Je suis alors finaliste, et les retours de Maxime Chattam, alors président du jury me donnent envie de retenter ma chance. L’année suivante en 2014, c’est Michel Bussi qui fait de moi le lauréat et m’offre la possibilité d’éditer mon premier roman. Je disposais de six mois pour proposer un texte. Je n’avais pas forcément le temps d’inventer et d’écrire toute une histoire. Alors je me suis souvenu de cette histoire forte que j’avais dans mon tiroir et que j’ai pris un grand plaisir à adapter sous une forme romanesque. (Re)vivre a su séduire ses lecteurs. Certains d’entre eux m’ont même dit que je leur avais redonné le goût de vivre et de se battre !
Pour mon second roman, Les trois vies de l’homme qui n’existait pas, tout est parti d’une question de ma fille qui m’a demandé « ce qui se passait si on ne déclarait pas son enfant à la naissance ». J’avais depuis quelques temps l’envie de développer l’histoire d’un personnage qui vivait une vie multiple. La question de ma fille est venue m’amener le chaînon manquant de cette aventure, aux contours de récit initiatique, qui raconte l’histoire d’un homme sans identité légale qui va essayer de s’inscrire dans le monde en respectant la promesse faîte à son père de vivre plusieurs vies. Le rythme y est beaucoup plus soutenu que dans (Re)vivre, ce qui en fait une œuvre plus ouverte à un large public. Le regard candide porté par mon personnage sur la civilisation me permet aussi d’y dénoncer quelques-uns des travers de notre société !

Avez vous en dehors de l’univers littéraire d’autres passions?

Mon grand problème c’est qu’absolument tout est susceptible de m’intéresser, voire de me passionner. Mais ce qui me fait le plus vibrer en dehors de l’écriture ou de la lecture reste le sport, le handball en particulier !

Quels sont vos rituels d’écriture?

Mon plus grand rituel d’écriture, c’est de ne pas en avoir ! J’ai une vie très très chargée et mon temps d’écriture reste souvent du temps « volé », où je me pose alors dans un café avec de la musique pour avancer dans mes projets. J’avance lentement, car j’attends d’être totalement convaincu par un chapitre avant de passer au suivant. Je décris d’ailleurs ce processus un peu aliénant dans « Les trois vies… ». Ce qui me sauve par contre, c’est que lorsque je suis dans un phase de création, mon histoire et mes personnages ne me quittent jamais. Ils m’accompagnent au boulot, dans ma voiture, dans ma vie familiale, dans mon sommeil évidemment ! Je suis à ces moments-là le roi d’une « présence-absence » qui me rend assez dur à vivre pour mon entourage !  Mais lorsque je couche toutes mes idées sur le papier, elles ont une cohérence qui nait de cette longue, très longue gestation !

Quels sont vos futurs projets?

Je suis en train de développer deux projets, dans deux genres différents. Je laisse passer le lancement des « Trois vies… » avant de me fixer sur l’un d’entre deux. L’une des deux histoires verra pour la première fois une jeune femme être le personnage principal. Les deux projets, qui seront de toute façon développés un jour ou l’autre traiteront un peu toujours du même thème, décliné de manière distinctes. Car au fond je n’ai qu’un seul message à transmettre : La vie est courte et fragile. Il faut donc être soi-même sans plus tarder, et vivre pleinement !

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Un petit mot pour vos lecteurs?

J’espère déjà ne jamais les trahir avec des promesses non-tenues. Et puis j’aimerais leur dire que si l’écriture est un acte d’une profonde solitude, l’aventure d’un livre reste avant tout une aventure collective. J’ai plus que jamais besoin d’eux, de leur confiance et de leur soutien !

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