Chroniques

Je me suis tue de Mathieu Menegaux

Éditeur:

Grasset-Points

Genre:

Littérature générale

Résumé:

Du fond de sa cellule de la maison d’arrêt des femmes à Fresnes, Claire nous livre l’enchaînement des faits qui l’ont conduite en prison : l’histoire d’une femme victime d’un crime odieux. Elle a choisi de porter seule ce fardeau. Les conséquences de cette décision vont se révéler dramatiques. Enfermée dans sa solitude, Claire va commettre l’irréparable. Le mutisme sera sa seule ligne de défense, et personne, ni son mari, ni ses proches, ni la justice ne saisira ses motivations.
Cette tragédie moderne est servie par une narration fluide et efficace.

A propos de l’auteur :

Mathieu Menegaux est né en 1967 à Paris.
Diplômé de HEC, il a débuté une carrrière dans l’industrie au Maroc, et il travaille aujourd’hui dans un cabinet de conseil en management, une occupation très sérieuse en vérité. Passionné de littérature et de chanson, il a attendu d’avoir 45 ans avant d’enfin décider de passer plus de temps à écrire des phrases en français sur Word que des transparents en franglais sur PowerPoint.
Son premier roman, Je me suis tue, est paru en avril 2015 chez Grasset, chez Points en janvier 2017. Il a été récompensé aux Journées du Livre de Sablet.
Un fils parfait, son deuxième roman, a été publié par Grasset le 1° février 2017, et chez Points le le 1° février 2018. Il a reçu le Prix Claude Chabrol du roman noir.

Extraits:

« A peine le dessert avalé, j’ai commencé à bâiller ostensiblement, en regardant Antoine. Mais Vincent et lui avaient encore beaucoup à se dire. La « création de valeur », centre de leur attention, les préoccupait en ces temps de crise financière. Nos preux chevaliers la défendaient avec ardeur. Et moi je sentais la fatigue m’envahir. J’avais trop bu, trop vite, pour essayer de moins m’ennuyer. A un moment, n’y tenant plus, je me suis confondue en excuses et j’ai prétexté une semaine difficile pour justifier ma fatigue et annoncer que je rentrais, sinon je sentais que j’allais m’endormir sur le canapé.

Antoine s’est levé à son tour, mais je lui ai dit de rester, que j’allais rentrer seule, que je n’allais pas le priver de sa soirée juste parce que j’étais fatiguée. Il s’est rassis. Si seulement il avait insisté. Si je ne l’avais pas repoussé. Si j’étais rentrée en voiture avec lui. Avec des si… J’ai embrassé tout le monde, remercié Chloé, me suis excusée de n’être pas une convive plus enjouée et j’ai enfin quitté cet appartement, en fermant la porte discrètement : je n’aime pas déranger les voisins. »

« Alors, quand ? A quand remontent mes dernières règles ? je note le premier jour systématiquement ans mon agenda. Voilà, je retrouve la date. et merde, merde et merde. Il faut que je vérifie, je ne sais plus Un cycle, c’est combien de jours ? vingt-huit ? Oui mais le début des règles c’est le premier jour des vingt huit ou c’est la fin ? »

Mon avis:

Cela fait presque un an que ce roman est dans ma PAL, je l’ai lu ce soir d’une traite.Je suis bouleversée, une douleur me brûle et je suis époustouflée par la plume de l’auteur.

J’ai choisit de publier le résumé de l’édition de chez Grasset, j’aime moins le résumé de l’édition poche.

J’ai découvert ce roman en lisant un autre roman. »Le malheur du bas » d’Inès Bayard sortie lors de la rentrée littéraire 2018.Ce roman m’avait bouleversée aussi mais c’était un vrai supplice de le lire tellement j’avais mal pour Marie, la malheureuse héroïne du roman puis il y a eu cette polémique ou nombreux chroniqueurs entre autres ont parlé du plagiat du roman dont je vais ici parler  » Je me suis tue ».Je n’ai aucun avis sur cette polémique, les deux romans se ressemblent beaucoup certes: Ils se déroulent à Paris, les héroïnes sont mariees, heureuses, elles sont violées, tombent enceintes…je ne peux en dire plus sans spoiler mais effectivement c’est troublant lorsque l’on a lu les deux livres on ne peut que se demander si « Le malheur du bas » et ses ressemblances sont juste une coïncidence ou pas.Je clos ce chapitre.

Qu’un homme écrit aussi bien les tourments, la douleur d’un viol en prenant la place dans le corps d’une femme est stupéfiante, Mathieu Menegaux est juste un auteur incroyable, à aucun moment je n’ai pu me détourner de son récit, il écrit magnifiquement même sur un sujet aussi terrible.

Claire et Antoine sont heureux, ils vivent dans le confort bourgeois que leur permet leurs professions, le seul malheur de leur mariage étant l’echec de ne pas avoir eu des enfants.Claire vit très mal cela.

Lors d’un dîner ou elle s’ennuie énormément elle décide de laisser son mari avec ses amis et de rentrer chez elle à vélo, il fait nuit.

Cette nuit là va changer la vie de Claire, elle se retrouve brisée par ce qui va alors se passer et sa vie va alors tomber en miettes.

Tout au long du roman, j’ai eu envie de prendre Claire dans mes bras et de la réconforter, j’ai hait son mari…on ne pas pleinement comprendre ce roman sans avoir été salie, violée, brisée…et je ne souhaite à personne cette douleur sans nom.L’auteur a fait preuve de justesse, il n’est pas impudique, il n’y a pas de voyeurisme.On suit l’histoire en craignant la chute, on la voit venir.

Il a tellement de « Claire » de nos jours, il y en a toujours eu hélàs et il faut espérer qu’un jour il n’y en ait plus.Il y a tellement d’injustices et de silences autour du viol.Même prononcer ce mot est bien souvent tabou.

Il faut lire ce roman, en parler, discuter autour de ce sujet et des autres thèmes qu’aborde ce livre.Il faut que le silence soit brisé et heureusement il y a des auteurs comme Mathieu Menegaux pour mettre des mots sur les maux du viol.

Merci à lui, lisez ce roman,ne fermez pas les yeux et ne vous taisez pas ! Nous l’avons déjà trop fait!

En cas de viol…

(…)La première chose à faire est d’en parler, même si ce n’est pas facile. Parlez-en à une personne de confiance. Si vous n’y arrivez pas, écrivez ou exprimez vous par le moyen qui vous convient le mieux. Néanmoins, il faut en parler le plus tôt possible, car plus vous vous tairez plus il sera difficile de le faire. Si vous ne savez pas à qui le dire ou que vous préférez rester anonyme vous pouvez appeler la permanence téléphonique de:

S.O.S. VIOLS – FEMME – INFORMATIONS 0800.05.95.95( appel anonyme et gratuit pour toute la France).

Sur la page liens
http://viol.free.fr/liens.htm
,
il y a des sites qui peuvent également vous apporter une aide, n’hésitez pas à aller les consulter.

Juste après une agression, il faut:
Prévenir la police ou la gendarmerie
Consulter un médecin, la police ou la gendarmerie pourra vous conduire à l’hôpital
– Dans la mesure du possible, conservez dans un sac tous les vêtements souillés car ceux-ci pourront servir à identifier le violeur.

Un conseil à ne pas négliger c’est de ne pas se laver car toutes les traces ( sperme, sang, peau griffée …) que votre agresseur a laissé peuvent être utilisées pour le retrouver et le compromettre et que justice soit rendue.

Mais surtout quelles que soient les circonstances de ce viol, vous n’êtes pas coupable de ce qui vous est arrivé. Vous n’avez pas à en avoir honte. Et la colère et la révolte que vous éprouvez sont normales, vous avez besoin que le violeur soit retrouvé et que justice soit faite et soyez sûr que se sera fait pour que vous obteniez réparation.(…)

Visitez le site:

http://1libertaire.free.fr/Quefaireapresleviol.html

2 commentaires sur “Je me suis tue de Mathieu Menegaux

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