Chroniques

Interview d’Olivia Quetier

Pourquoi avoir choisi ce style litteraire?

Avant de me lancer dans l’écriture de mon premier roman, je me suis demandé ce que j’aimais lire ou plutôt ce que j’aimerais lire. Il est évident que mon style littéraire est profondément marqué par mes goûts littéraires, mais aussi par ce qui m’intéresse dans la vie et dans l’écriture : la façon dont un être humain est façonné par son environnement, son histoire, des rencontres… Je voulais ainsi raconter des histoires de vie en me situant au plus près de l’intériorité de mes personnages. Ainsi j’écris des romans psychologiques et des fictions autour de personnages comme vous et moi dans leur vie réelle et aux prises avec parfois des fantômes intérieurs, des empêchements, des répétitions.

Quels sont les auteurs, les livres qui sont pour vous une source d’inspiration ?

J’ai beaucoup lu de littérature dite classique, appréciant particulièrement Zola et Hugo. Depuis plusieurs années je me plonge dans la littérature contemporaine et j’aime tout particulièrement Olivier Adam, Delphine de Vigan, Tanguy Viel. J’aime suivre des personnages en proie à des conflits intérieurs et leur tentative d’y faire face. Ces livres m’inspirent en ce qu’ils mêlent questionnement social et identitaire.

Pouvez vous nous parler de vos romans?

J’ai écrit deux romans:
Le premier « Tim au cœur d’or » évoque le parcours d’un jeune homme que l’on suit pendant trois années durant son adolescence et que l’on retrouve dans la seconde partie du roman 20 ans plus tard. Ce roman est traversé par de nombreux sujets : tout d’abord le désir. Timothé souhaite de toute ses forces vivre de sa passion de l’art. Il veut devenir artiste peintre, être reconnu dans le milieu de l’art et ce désir lui donne une force incommensurable. J’évoque à travers cette fiction la force de nos rêves. Ce roman parle aussi des transmissions familiales. Le chemin de mon personnage est aussi celui de sa recherche identitaire. Qui sont ses parents ? De quoi souffre sa mère ? Pourquoi son père est-il si silencieux ? Timothé doit trouver sa place dans cette famille-là. Ce livre montre ce chemin, celui d’une vie puisque nous suivons Timothé à l’adolescence et à l’aube de ses 40 ans.

Mon second roman « Anouk » évoque un cas de disparition volontaire. Il aborde ce fantasme de disparaître qui peut traverser chacun d’entre nous à certains moments de notre vie. Anouk, mariée, deux enfants, part comme chaque matin au travail. Mais elle poursuivra sa route. Ce livre est l’histoire de sa disparition. Elle quittera tout, son mari, ses enfants, son amant, ses amis, elle se délestera de ses papiers, de son argent, de sa vie. Elle fuit, se fuit, change de nom, de métier, de relations. Ses démons intérieurs ne la quittent cependant pas.
Son mari, Pierrick, la cherche, la poursuit, tente de retracer son chemin, il questionne leur entourage et peu à peu se dévoile la véritable histoire d’Anouk.Un récit à double voix où Anouk et Pierrick livrent chacun leur expérience de cette disparition volontaire.

Lequel de vos personnages est le plus proche de vous?

Il me semble qu’un auteur se cache dans chacun de ses personnages, cependant je me retrouve tout particulièrement dans Timothé, car je suis partie d’un fait autobiographique au début de ce roman, mon échec scolaire et la conscience que c’était à moi de décider de ma propre vie. Je me retrouve dans sa volonté de se sortir de situations difficiles sans baisser les bras.

Il y a un thème que vous aimeriez aborder et un autre que vous n’aborderez jamais?

Dans mon troisième roman, actuellement en cours d’écriture j’aborde la conséquence de l’inaction et la place de la culpabilité dans la vie de mon personnage. J’aime aborder dans chacun de mes romans la façon dont l’enfance nous marque et parfois nous détermine et la façon dont notre vie d’adulte œuvre pour se dégager de certains héritages. J’aimerais écrire un roman qui donnerait la parole à un enfant, j’en ferai donc le narrateur. Jusqu’àprésent j’ai abordé les conséquences de l’enfance dans nos vies, ce serait l’occasion de mettre en lumière le regard d’un enfant au moment où il vit les choses. Je pense ne jamais écrire un livre autobiographique, mais on ne sait jamais….

Quel est le livre que vous auriez aimé écrire?

Je n’ai pas envie de citer le livre d’un autre car le livre que j’aurais aimé écrire doit être écrit et venir de moi. Mais je dirais « Rien ne s’oppose à la nuit » de Delphine de Vigan, car c’est un livre qui me paraît porter une telle vérité à la fois dans la façon dont est dépeint le personnage de la mère et dans les effets de son trouble mental sur ses proches. Nous avons accès ainsi à plusieurs univers intérieurs et donc à une réelle complexité qui reflète bien les relations humaines et leurs conséquences.

Avez vous en dehors de l’univers littéraire d’autres passions?

Je suis psychologue et psychanalyste et je suis passionnée par la façon dont nos émotions nous façonnent et nous font agir. Je suis également très intéressée par la théâtre et le cinéma. J’ai fait beaucoup de théâtre et j’aime appréhender par cetart les mots des autres.

Quels sont vos rituels d’écriture?

J’essaye d’écrire tous les jours. Je n’ai pas vraiment de rituel sinon m’installer en face de mon ordinateur soit chez moi soit dans un café et laisser venir les mots, les phrases, les idées.

Imaginez que l’un de vos romans soit adaptés au cinéma, qui voyez vous dans le rôle principal?

Si Tim au cœur d’or était adapté au cinéma, je verrai bien Pio Marmaï pour Timothé adulte.

Pour Anouk je verrai Salomé Lelouch, que j’ai adoré dans le film « Quand j’avais 5 ans je m’ai tué ».

Avez vous des salons du livre ou dédicaces prévues?

En septembre je serai au salon de
Boussac (23) et au salon de Breil sur Roya (06), et au mois d’octobre et novembre en Ile de France (Moret sur Loing et Dourdan).

Quels sont vos futurs projets ?

Je suis en train d’écrire mon troisième roman qui aborde l’histoire d’un jeune homme qui assiste sans rien faire au suicide d’un autre homme. Questionnant sa responsabilité dans cette mort, il va partir à la recherche de l’histoire de cet homme. Ce jeune homme, qui vivait en lui-même dans une immense solitude et une peur du monde va partir à la rencontre de l’inconnu et s’en trouvé profondément changé.

Un petit mot pour vos lecteurs?

Je remercie chacun de mes lecteurs et suis toujours très désireuse d’avoir des retours qui sont toujours très intéressants. Mes romans abordent des parcours de vie, qui pourraient être les nôtres et il est toujours riche d’échanger sur nos ressentis et vécus à partir d’une fiction qui nous a touché. J’ai d’ailleurs crééun groupe Facebook pour parler des livres qui nous touchent : « Ces romans qui soignent le cœur ».

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