Chroniques

L’héritière des anges de Florence Roche-Chronique 2020 #1

Genre:

Historique/Littérature Française

Thèmes:

Religion/Mystère/Sorcellerie/Secret/Suspens…

Editeur:

Presses de la cité

Résumé:

Dans les années 1700, une jeune orpheline, Eléonore, à la voix merveilleuse, passionnée de chant et protégée d’une pieuse comtesse, remonte le fil de l’histoire de son illustre famille, victime des guerres de Religion…

1716, au coeur des Cévennes. Jeune orpheline de dix-sept ans, Eléonore est dotée d’une beauté éblouissante et d’une voix d’ange, mais elle n’a pas conscience du pouvoir que recèle ce don. Un jour, elle brave l’interdit fait aux femmes de chanter dans les lieux sacrés, et se retrouve recluse dans une abbaye de soeurs cisterciennes. Elle y est remarquée par la comtesse de Lesle, qui la prend à son service dans son château. De nouveaux lendemains s’ouvrent-ils enfin pour Eléonore ?

Mais celle-ci cache un lourd passé. C’est guidée par sa passion du chant qu’elle découvrira le secret de sa lignée, replongeant dans les horreurs de la guerre des camisards…

A propos de l’auteure:

L’Histoire avec un grand H est composée de « petites histoires », Florence Roche le sait et tisse des romans pleins de suspense et de passion qui, bien que fictifs, inventent ce qui aurait pu être la vérité dans un contexte richement documenté.

Extraits:

« Elle trouva les lectures de la Bible et des textes affreusement longues. Le sermon de la mère abbesse lui parut interminable. Enfin, elle fit un signe à la moniale chantre pour que débute l’Ave Maria. Les voix prirent possession des lieux, des stalles jusqu’aux voûtes, s’élevant dans toute la nef et jaillissant avec une puissance atténuée par le mur sur les hôtes et les familiers dans le narthex. Portée par l’émotion, grisée par la beauté des chants, comme investie par une force d’espoir, la voix d’Éléonore s’éleva au-dessus de toutes les autres et la chantre finit même par lui laisser chanter un solo qu’elle plaça haut, qui résonna dans toute l’abbatiale. Les moniales étaient conquises, observant Éléonore avec des yeux pleins de ferveur et de prières. Derrière le mur, des hôtes étaient tombés à genoux. D’autres se signaient sans cesse, touchés par ce chant venu de derrière le jubé, de derrière les regards, venu comme du Ciel. Les chants grégoriens qui suivirent laissèrent échapper la voix d’Éléonore, volontairement. La chantre ne rectifiait rien. L’abbesse écoutait, sidérée. Elle avait un sourire à peine perceptible. Elle savait que la comtesse serait satisfaite. Et Éléonore redoublait de talents, de vivacité, d’efficacité. À la fin de la messe, avant que l’assemblée ne sorte après le dernier Notre Père, Éléonore prit la liberté d’entonner un Te Deum qu’elle avait travaillé seule, dans la sacristie, avec une partition de la chantre. L’effet fut exceptionnel. Marie-Danielle avait des larmes d’exaltation. Des moniales fixaient le crucifix au-dessus de l’autel dans un état de passion absolu. Un frisson partagé gagnait l’assemblée et on percevait des soupirs derrière le mur. Éléonore avait conquis. Éléonore avait séduit. Elle mesura brièvement son emprise et crut que la Vierge l’avait enfin entendue. »

« La nuit tombait sur les terres de l’abbaye des Pierres Plantées. Il faisait encore chaud. C’était un début d’été plein de promesses, en l’an de grâce 1716 : le vent s’était adouci, les fleurs parsemaient les prés, les champs étaient couverts de seigle et de blé ondulants. Éléonore aimait ces journées de soleil, tellement rares sur le plateau. Son linge séchait vite, elle en profitait pour laver les grosses couvertures en laine des paillasses des dortoirs. La nature paraissait travailler pour elle. Tout était simple, beau. De l’église, les chants des moines semblaient s’élever plus haut que de coutume, plus puissamment, comme attirés par le ciel limpide et clair. Éléonore aimait les entendre en travaillant, au loin, comme une litanie calme et rassurante, celle de son enfance, comme la voix du cadre de sa vie. »

Mon avis:

Après avoir lu un roman de Florence Roche pour la première fois il y a quelques semaines, j’ai craqué un ouvrage récemment réédité chez presses de la cité.J’ai beaucoup d’affection pour la plume de Florence Roche qui écrit des romans captivants.

La couverture est très jolie, les couleurs sont harmonieuses.C’est une couverture parfaite pour le livre de plus j’adore le format des romans de l’éditeur, pas trop grand ni trop lourd ce qui est primordial pour moi avec mes soucis osseux lire un livre trop lourd peut vite devenir très handicapant.

Passons maintenant à l’histoire.

Eleonore est une jeune femme qui vit à proximité de l’abbaye des pierres plantées à côté de la forge de Manille,frère convers qui l’a recueillit et élevée avec l’accord exceptionnel du père Gonrad.Éléonore sait peu de choses à propos de son passé, lorsqu’elle pose des questions à Manille, il esquive et se montre évasif.

La jeune femme est dotée d’une grande beauté et surtout d’une voix d’ange unique.Elle n’a pas le droit de chanter au coeur de l’abbaye mais la nuit elle se glisse à l’intérieur pour chanter des chants religieux.Bien sûr, elle se fait un jour surprendre par le père Gonrad.

Pour la jeune femme c’est le début de ses soucis, arrachée à Manille elle rejoint un couvent pour étudier le chant,seule et désespérée elle a la chance d’avoir une bonne étoile et va bientôt voir sa vie changer du tout au tout, son destin va se révéler être exceptionnel.

Éléonore est la pureté incarnée, elle est douce,naïve et ce personnage va énormément évoluer au fur et à mesure de l’histoire, elle qui rêvait de voir le monde au delà des pierres plantées va connaître les déceptions, les joies, l’amour et la trahison.Manille aime énormément Éléonore, il est secret et semble porter un lourd fardeau, on en apprend plus sur lui car il va finir par révéler à Éléonore tout ce qu’elle souhait savoir sur ses origines.La muette est le personnage le plus énigmatique de l’histoire, cette femme qui vit en recluse, accusée d’être une sorcière a en fait un rôle déterminant dans l’histoire d’Éléonore.Le père Gonrad a pour la muette une haine féroce, il se montre cruel envers elle et on apprend aussi énormément de choses sur lui et sa relation avec cette femme.

Les personnages sont tous intéressant mais seul celui d’Éléonore semble beaucoup évoluer et se révèle très profond, je regrette un peu que les autres personnages ne soient pas aussi developpés.

Ce roman a été un coup de coeur. On voyage, on vibre au fil des révélations, on apprend beaucoup de choses aussi sur les crimes commit au nom de Dieu sous le règne de Louis XIV, le drame des combats entre les protestants et catholique, le rôle des femmes à l’époque contrainte de s’effacer derrière les hommes…l’histoire est vraiment fascinante et je vous recommande vivement de découvrir cette histoire et l’auteure brillante qu’est Florence Roche.

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