Chroniques

Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon de Jean-Paul Dubois

Résumé :

Cela fait deux ans que Paul Hansen purge sa peine dans la prison provinciale de
Montréal, où il partage une cellule avec Horton, un Hells Angel incarcéré pour meurtre.
Fils d’un pasteur danois et d’une exploitante de cinéma à Toulouse, Paul Hansen vivait déjà au
Canada quand s’est produit le drame.
À l’époque des faits, Hansen est superintendant à L’Excelsior, une résidence où il trouve à
employer ses talents de concierge, de gardien, de factotum, et – plus encore – de réparateur
des âmes et consolateur des affligés.
Lorsqu’il n’est pas occupé à venir en aide aux habitants de L’Excelsior ou à entretenir les
bâtiments, il rejoint Winona, sa compagne.
Aux commandes de son avion, Winona l’emmène en plein ciel, au-dessus des nuages.
Mais bientôt tout change. Un nouveau gérant arrive à L’Excelsior, des conflits éclatent. Et
l’inévitable se produit.
Une église ensablée dans les dunes d’une plage, une mine d’amiante à ciel ouvert et les
méandres d’un fleuve couleur argent, les ondes sonores d’un orgue ou les traînées de
condensation d’un aéroplane composent les paysages de ce roman.
Histoire d’une vie, Tous les hommes n’habitent
pas le monde de la même façon est l’un des romans les plus aboutis de Jean-Paul Dubois. On
y découvre un écrivain possédant au plus haut point le sens de la fraternité et animé par un
sentiment de révolte à l’égard de toutes les formes d’injustice.

Extrait :

« Mais quand Gérard LeBlond s’installait aux claviers, bien avant les offices, on
aurait dit que Jimmy Smith, Rhoda Scott et Errol Parker s’étaient donné rendez-vous pour
faire regretter à Dieu, s’il avait existé, de ne pas avoir lui-même canonisé Laurens Hammond,
l’inventeur de ce prodigieux instrument. Dans cette église vide, quand LeBlond s’asseyait à sa
table de travail, quand ses doigts convoquaient tous les diables du jazz, du blues et du swing, la vieille barque se soulevait
soudain, les cieux viraient au bleu, le bonheur s’engouffrait dans les nefs et les tympans, Jésus
rentrait dans sa tombe, et Gerard, le prélat de Sherbrooke, régnait en unique maître au plus
haut des cieux. »

A propos de l’auteur :

Jean-Paul Dubois est né en 1950 à Toulouse où il vit actuellement. Journaliste, il
commence par écrire des chroniques sportives dans Sud-Ouest. Après la justice et le cinéma
au Matin de Paris, il devient grand reporter en 1984 pour Le Nouvel Observateur. Il examine
au scalpel les États-Unis et livre des chroniques qui seront publiées en deux volumes aux
Éditions de l’Olivier : L’Amérique m’inquiète (1996) et Jusque-là tout allait bien en Amérique
(2002). Écrivain, Jean-Paul Dubois a publié de nombreux romans (Je pense à autre chose, Si
ce livre pouvait me rapprocher de toi). Il a obtenu le prix France Télévisions pour Kennedy et
moi (Le Seuil, 1996), le prix Femina et le prix du roman Fnac pour Une vie française
(Éditions de l’Olivier, 2004).

L’avis de Lyane A:

Au vu de la couverture, je ne l’aurais pas acheté : trop simple, faisant livre auto édité sans que cela se veuille péjoratif, juste signifiant manque de moyens ; j’aurais eu tort. Après lecture,
elle me semble résulter d’un choix précis pour donner à voir au-delà de la superficialité, ce
qui correspond au roman.
Après lecture, elle me semble résulter d’un choix précis pour donner à voir au-delà de la
superficialité, ce qui correspond au roman.

Qu’ai-je le plus apprécié ? Je ne le sais pas tellement l’impression est complexe et déroutante
liée aux bousculements de l’écriture. J’ai d’abord été séduite par l’histoire méandreuse puis
conquise par la profondeur et la pudeur cachées derrière des mots ne les exprimant pas au
premier abord.

J’aime qu’un texte me fasse rebondir, me tienne en haleine, me noie presque, me bouscule ; il
a fait tout cela et plus encore. J’ai ri et j’ai pleuré. Donner de l’émotion, n’est-ce pas la finalité
de tout bon livre ?
Deux hommes dans une même cellule aussi pourrie que les autres, deux vies et deux
caractères très différents obligés de cohabiter, des souvenirs qui nous entraînent dans les
grands espaces ou les grandes solitudes : la réalité oscille entre rêve et quotidien à accepter.

J’ai eu l’impression d’être au bord d’une grande toile d’araignée et de devoir remonter chaque
fil pour essayer d’apercevoir la bête ; elle apparaîtra.

C’est un livre discret, sûr et honnête qui égratigne « ces églises de banquiers bâties comme
des sièges sociaux », qui surprend « les selles postprandiales de Patrick », qui apostrophe
« des points-virgules, ponctuation de l’embarras et du doute », qui assène « tu verras,l’humain est docile ». Il est au-delà de ce que l’on perçoit déjà comme très intéressant après
un quart d’heure de lecture.

Je vous remercie, Monsieur Jean-Paul Dubois de montrer ce que veut dire passer derrière le
masque.

Si le Goncourt doit être celui qui s’adresse à tous les lecteurs pour qu’à la fin il se dise : Ah
oui, lire c’est ça ! Alors, vous avez votre place.

2 commentaires sur “Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon de Jean-Paul Dubois

  1. J’ai beaucoup aimé ce roman. J’ai déjà lu presque tous les livres de Jean-Paul Dubois.
    Celui-ci est très émouvant. l’intrigue en est simple. Deux codétenus que tout oppose et qui en fin de compte expriment leur humanité et la simplicité de leur vie.
    Très émouvant ! Et puis, il y a ces beaux paysages québécois !

    Aimé par 1 personne

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