Chroniques

Extérieur monde d’Olivier Rolin

Résumé :

«Bigarré, vertigineux, toujours surprenant, tel demeure le monde aux yeux de qui
en est curieux : pas mondialisé, en dépit de tout. Venu du profond de l’enfance, le désir de le
voir me tient toujours, écrire naît de là. Chacun des noms qui constellent les cartes m’adresse
une invitation personnelle. Ce livre est un voyage à travers mes voyages. Digressions,
zigzags, la mémoire vagabonde. Visages, voix, paysages composent un atlas subjectif,
désordonné, passionné. Le tragique, guerres, catastrophes, voisine avec des anecdotes
minuscules. Des femmes passent, des lectures. Si j’apparais au fil de cette géographie rêveuse,
c’est parce que l’usage du monde ne cesse de me former, que ma vie est tressée de toutes
celles que j’ai rencontrées.»

Extrait :

« Entre deux haies d’hortensias arborescents, un cheval surgit de la brume, solitaire,
sans cavalier, crinière pleine de nuages, tout hérissé de bidons de lait vides qui tintinnabulent
sur ses flancs, comme si le montait un timbalier invisible. Derrière lui, des déchirures dans la
ouate laissent entrevoir les méandres verts et bleus de l’océan. C’est aux Açores, et c’est il y a
longtemps. Je voudrais que le livre que je commence soit aussi imprévu, insolite que cette
vision. Je ne sais où il ira, où le tirera ce cheval inaugural. J’y songe depuis un an au moins, il
vaudrait mieux dire que c’est lui qui songe en moi, car je ne parviens nullement à le fixer, à en
imaginer les contours. Il est un paysage qui se dérobe dans la brume, un cheval sans cavalier,
la moire mouvante des courants de l’Atlantique. Je ne sais même pas s’il prendra forme ou
restera un rêve indistinct. Je ne sais pas si je pourrai aller bien au-delà de cette page. Échouant
à le saisir, incapable d’en être l’architecte, en désespérant à la fin, je décide aujourd’hui de me
laisser mener par les mots. Je m’en remets à eux. On verra bien où ils me conduiront. Je me «
jette à l’eau » : jamais cette expression métaphorique n’a eu, dans ma vie d’écrivain, une
signification si exacte. Vous voilà prévenus : l’auteur, qui semble bien être moi, est un
naufragé. »

L’avis de Lyane A:

Je suis perdue, éreintée, enfiévrée après avoir suivi l’auteur dans ce qu’il ne veut pas appeler
des mémoires, encore moins un testament ; ce serait seulement une ronde de digressions
autour d’un monde qu’il s’est dessiné pour mieux nous le raconter.

Il joue avec le lecteur et j’ai bien aimé cela, mais je l’avoue, j’ai un peu peiné à le suivre. Son
érudition, sa mémoire fiabilisée par ses petits carnets, son style volontairement offensif, son
vocabulaire choisi, ses longues tirades, son amour des belles femmes, son désir de nous faire
partager ses contrées choisies sont réels et de qualité.

Mais pourquoi ajouter un B à Jane et l’exhiber presque comme un trophée ? Cette question
détermine toute ma réflexion sur le but poursuivi par l’auteur que je trouvais noble, précieux
et stimulant durant les premières pages. J’ai ensuite ressenti ce livre comme un catalogue d’un
MOI que l’auteur veut nous montrer peu glorieux pour mieux l’exalter.

Il faut, me semble-t-il, dans un livre, un héros qui donne envie qu’on le suive et non un égo
qui joue à se perdre. Il faut aussi une histoire et là, il n’y en a pas ; il n’y a qu’une vie.

Avec son « Extérieur monde », Olivier ROLIN n’a pu nous proposer qu’un monde intérieur.

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