Chroniques

La famille Nilsen de Daryl Delight-Service Presse

Résumé:

La famille Nilsen semble être une famille parfaite. Leur manoir est chaleureux et ils accueillent leurs clients comme des rois. Tout le monde les apprécie.

Mais les apparences sont parfois trompeuses. Si les gens découvraient leurs sombres secrets, ils fuiraient le plus vite possible.

Durant toute leur vie, le passé trouble des Nilsen ne les quittera jamais. Le mal qui sommeille au fond d’eux ne restera jamais endormi bien longtemps.

Leur histoire a débuté dans le chaos. Elle finira de la même façon.

Vous pensiez tout savoir sur la famille Nilsen ? Vous n’avez vu que la partie visible de l’iceberg !

Extrait:

Une BMW bleue foncée fit son apparition devant la maison. Quand Tommy entendit le moteur, il rentra pour regarder par la fenêtre du salon. Un homme en pantalon noir et en chemise blanche accompagné d’un badge autour du cou sortit du véhicule, un dossier à la main. Il se dirigea vers l’entrée, puis sonna deux fois.

Tommy prit le temps de monter mettre son peignoir beige, et surtout d’y insérer son pistolet de service dans la poche. Les visites n’étaient pas courantes dans le coin, mais il savait très bien que les maisons isolées étaient les cibles favorites des cambrioleurs. Un guetteur sonne à la porte, déguisé en simple vendeur en porte à porte pour les apparences, puis si personne ne répond, il se fait une joie de casser une vitre pour voler ne serait-ce que quelques euros, ou bien tout une collection d’armes si vous en avez une.

— Bonjour, Monsieur, s’enthousiasma le visiteur. Je viens vérifier votre consommation d’énergie.

L’homme tenait un stylo, prêt à noter sur une feuille posée sur son dossier. Tommy l’invita à entrer sans prononcer un seul mot, juste en tirant légèrement la porte. Il allait le conduire jusqu’au compteur électrique qui se trouvait à côté de la porte de la cave, en le surveillant de près pour ne pas qu’il découvre son arsenal, mais l’homme pénétra dans le salon.

— Voilà une décoration comme je les aime. Moi et ma femme avons choisi un style ancien également. De beaux meubles en bois et des fauteuils brodés. J’aime les hommes qui savent aller à contre-courant des modes actuelles. C’est vrai, aujourd’hui tout le monde possède du mobilier moderne. Á croire que l’originalité n’existe plus. Je peux m’asseoir ?

Tommy n’avait pas encore donné de réponse qu’il était déjà en train de poser ses fesses dans le fauteuil où l’ancienne propriétaire était morte, crise cardiaque en pleine après-midi devant un épisode de Monk. Elle était restée trois jours assise dans ses excréments avant que son infirmière la retrouve durant sa visite hebdomadaire. Le peu de biens qu’elle possédait était vendu avec la maison et Tommy avait gardé les plus gros objets par manque de motivation à les remplacer.

— Avec cette chaleur, j’aimerais être en peignoir moi aussi. Votre jour de repos sans doute. Vous avez raison de profiter de ces beaux jours ensoleillés.

Tommy soupira. Il ne voulait pas parler. Il avait juste envie de coller le canon de son flingue sous le nez du visiteur et de lui cogner le front contre ce foutu compteur pour qu’il se barre illico.

— Vous aimez le western spaghetti ?

L’homme désignait du doigt l’étagère à côté de la télé, celle où était entreposé les DVD de Tommy, principalement des vieux films remastérisés sur l’époque du Far West, dont quelques nouveautés comme « Django Unchained ».

— J’en regarde de temps à autres.

— Moi, j’adore ça. J’apprécie tout particulièrement les films de Sergio Leone. Mon fils est fan des cow-boy également. Il a tout une panoplie de faux revolvers et un costume de cow-boy. Il veut toujours que je joue le rôle de l’indien. Vous avez des enfants ?

La réponse fut négative avec un léger mouvement de tête.

— Vous êtes jeune, rien ne presse. La carrière professionnelle avant tout. Que faites-vous dans la vie ?

Tommy avala un peu de salive et bougea les lèvres pour répondre, mais l’homme ne lui laissa pas le temps.

— Ne me dites pas, j’ai vu votre voiture garée sur le côté. Vous faites parti de la police !

Tommy cligna des yeux.

— Ne vous en faites pas, dit le visiteur en levant les mains, c’est tout à fait légal ce que je vais vous proposer, monsieur l’agent.

Voilà qui interpellait Tommy. Lui proposer quelque chose ? Ce mec devait seulement relever le compteur et il était désormais assis dans son fauteuil, dans son salon, dans sa maison à déblatérer ces foutaises en cherchant des sujets qu’ils pouvaient avoir en commun.

— Une seconde ! dit Tommy. Vous êtes là pour me vendre un truc ?

— Nous allons comparer ensemble les différentes offres du marché.

— Donc, vous êtes là pour me vendre un truc !

— Savez-vous qu’il y plus de soixante fournisseurs en France ?

— Vous travaillez pour EDF ?

— Non, mais ils n’ont pas le monopole sur l’électricité. Les gens pensent souvent à tort qu’ils le sont !

— Quand vous vous êtes présenté à ma porte, vous m’avez dit « Je viens relever le compteur ».

— Ah non ! J’ai dit que j’allais vérifier votre consommation électrique. C’est totalement différent. Alors laissez-moi vous demander… Á combien s’élèvent vos factures d’électricité ? Vous voulez la réponse ? Je vais vous le dire ! Trop cher ! Si vous signez avec nous, ma compagnie s’engage à vous faire économiser des centaines d’euros par an !

Tommy esquissa un sourire, la main toujours dans sa poche paré à dégainer.

— Vos supérieurs savent que vous êtes ici ?

— Une des choses que j’aime dans ce que je fais, c’est l’autonomie. J’ai des patrons, oui, mais je vais où je veux et quand je le veux. Je laisse le destin me guider. Et laissez-moi vous dire une chose, je ne crois pas au hasard. Si je suis aujourd’hui chez vous, c’est que vous aviez besoin de mon aide.

— Et bien, moi aussi je crois en la destinée.

— Vraiment ?

— Tout à fait ! Je suis certain qu’une force supérieure et invisible tente de m’envoyer un message. Et je crois que je vais l’écouter. On essaie un peu trop de me prendre pour un con en ce moment. J’essaie de faire les choses bien pour une fois, dans les règles de l’art et ça ne m’apporte que des maux de tête ! J’en ai fini avec cette merde. Il n’y a qu’un chasseur qui peut abattre un ours.

Tommy, qui se parlait en vérité à lui même et à voix haute, laissa le baratineur et descendit à la cave. Les néons verts accrochés aux quatre coins de la pièce s’illuminèrent. D’une main ferme, Tommy ouvrit le meuble où il entreposait son arsenal. Il était d’humeur dévastateur. S’il y avait bien une chose que Tommy détestait, hormis qu’on le dérange chez lui pour des conneries, c’était bien ces putains de démarcheurs à domicile. Il ouvrit le tiroir, en dessous des fusils rangées à la verticale, et sortit un pistolet-mitrailleur Uzi confisqué à un trafiquant lors d’une perquisition deux ans auparavant. Il remonta tout en approvisionnant l’arme d’un chargeur trente deux coups.

Le visiteur s’était levé, déconcerté par l’absence soudaine de son hôte. Il se tenait debout dans le couloir, les yeux rivés sur la porte de la cave d’où provenaient des bruits de ferrailles. Lorsqu’il vit Tommy réapparaître avec l’arme en main, il lâcha son dossier, courut vers la sortie et poussa la porte restée entrouverte d’un coup d’épaule. Le cinglé armé le suivit à grandes enjambées et s’arrêta sur le perron alors qu’il entrait dans la BMW. Avec un peu de chance, ce n’était que du bluff pour lui faire peur. Mais pas question de savoir si c’était le cas ou non. Le démarcheur ne voulait plus rien savoir maintenant. Il mit le contact, le moteur gronda, mais il n’eut pas le temps d’accélérer.

Une salve de balle s’abattit sur la voiture. Une vitre explosa. Un pneu creva. Le conducteur tressauta à la première balle qui le traversa, puis à la deuxième, la troisième et la quatrième. Le rétroviseur se brisa en deux. Le capot se déforma. La poignée de la portière arrière éclata. Les douilles pleuvaient aux pieds du tireur tandis que les trous se multipliaient dans la carrosserie. Puis un léger « CLIC » mit fin au carnage. Le chargeur était vide.

Le démarcheur était avachi sur le volant, la tête appuyée sur le klaxon qui hurlait son insupportable détresse. Tommy imita Charles Bronson jouant de l’harmonica dans « Il était une fois dans l’ouest », le pistolet-mitrailleur sur l’épaule, avant de rejoindre nonchalamment sa victime. Il ouvrit la portière et la dépouille tomba à ses pieds. Le silence revint.

Mon avis:

Après avoir lu « Amalia », je suis heureuse de retrouver un roman de Daryl Delight, j’aime beaucoup sa façon d’écrire qui murit de livre en livre et dévoile de plus en plus son talent.Cet auteur est fascinant par son intelligence et sa précision dans ses textes.Dès de le début du livre nous faisons la rencontre de deux « charmants » enfants, Bruce et Lisa Nilsen un frère et une soeur qui sont tout deux très particuliers..Vous comprendrez vite pourquoi en lisant le roman. »La famille Nilsen » est la suite d »Amalia » mais ce n’est pas un problème de lire ces deux livres indépendamment.Je me demande ou l’auteur va chercher tout ça mais je ne crois pas que ce soit très rassurant de le savoir 🙂 plus sérieusement « La famille Nilsen » est un roman dont on parle beaucoup sur facebook en ce moment , pour la simple et bonne raison que c’est un excellent thriller et que Daryl Delight est extrêmement sympathique.

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