Chroniques

L’ombre de nos nuits de Gaelle Josse

Résumé:

De passage dans une ville sans nom, une femme, dont nous ne connaîtrons pas l’identité, entre au musée. Au cours d’une déambulation distraite, elle est saisie par le Saint Sébastien soigné par Irène, de Georges de la Tour. Devant l’attitude d’Irène, tout en tendresse et en compassion, la femme va revivre les errements d’une histoire d’amour passée.

En parallèle, nous suivons Georges de la Tour à Paris, pendant la création du Saint Sébastien, alors qu’il a pour projet de présenter le tableau au roi de France. Deux voix se font écho, celle du peintre et celle de Laurent, son apprenti, chargé de copier le tableau.

Au fil des deux histoires qui se chevauchent, avec la toile pour fil conducteur, les deux époques s’entrelacent, se complètent, jusqu’à donner chair au récit.

Extraits:

Le plus grand calme règne dans son atelier. Quelle différence avec le reste de la maison ! À croire que deux mondes vivent séparés, simplement réunis par le même toit et les mêmes murs ! Nous sommes nombreux, ici. Peu à peu, j’ai appris que seuls cinq de ses dix enfants sont vivants à ce jour. Il faut aussi compter Luc, le valet, Gervaise, la servante, et Marie, la cuisinière. Bien que je ne sois ici qu’un apprenti, ils me considèrent comme l’un des leurs ; il est vrai que j’ai grandi avec eux tous, de ce jour où ils m’ont ouvert leur porte, émus par cet enfant transi, affamé, qui traçait d’étonnants dessins à même le sol. Tout ce monde s’agite, entre et sort, mange, travaille, rit et se querelle. C’est plus que le Maître ne peut supporter, nous le savons tous. Il me semble qu’il se réjouit de notre présence et de notre affection, mais il lui coûte de demeurer longtemps au milieu de nous, une fois réglées les affaires pour lesquelles son avis est indispensable.

Je ne peindrai guère aujourd’hui, je crois, ni les jours à venir. Étienne non plus. Nous avons terminé la préparation d’une toile de chanvre dont le Maître a indiqué les dimensions, et nous commençons celle des couleurs. J’aime ce travail, même s’il est ingrat, un peu sale, et n’a rien à voir avec l’œuvre terminée. C’est le préalable sans lequel peindre ne serait pas possible. De la qualité des pigments et de la préparation du support va dépendre l’aspect de ce qui va être créé, comme sa stabilité dans le temps. Il faut de la patience, attendre que chaque couche soit sèche pour appliquer la suivante, lisser le support après l’avoir tendu sur des tasseaux. Les couleurs ne doivent être ni trop liquides, ni trop collantes, ni pâteuses. Question de proportions. Maître de La Tour travaille avec peu de couleurs, aussi faut-il qu’elles soient parfaites. Ensuite il les mélange à sa guise.

Mon avis:

Cette semaine est dédiée au thème « Piocher dans ma bibliothèque », je vous propose ici un livre que j’ai lu il y a trois ans et je me souviens l’avoir beaucoup aimé, de cette auteure je n’ai lu que celui-ci et les heures silencieuses et ce fut à chaque fois très plaisant.Sa plume est élégante et poetique.

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